Diffusé le jeudi 24 septembre 2026 sur TF1, le téléfilm Oradour, porté par Matt Pokora, a réuni en moyenne 3,40 millions de téléspectateurs (23,9 % du public) et placé la chaîne en tête de la soirée, mais il divise sur un point précis : la place de la romance face au massacre d’Oradour-sur-Glane du 10 juin 1944. D’un côté, une fiction jugée « pédagogique » par une partie de la presse et par l’association des familles de martyrs ; de l’autre, des critiques qui y voient une histoire d’amour qui relègue le drame au second plan.
En bref
- Audience : 3,40 millions de téléspectateurs et 23,9 % de part d’audience entre 21h14 et 23h17, TF1 leader de la soirée.
- Le film : téléfilm franco-belge en deux parties de Pierre Aknine, avec Matt Pokora et Caroline Anglade, dont les deux héros sont des personnages de fiction.
- La polémique : un figurant parle d’« une vraie blague », Télérama d’une « romance plombée de clichés », Télé Loisirs salue au contraire un scénario « avec pédagogie ».
- L’histoire réelle : 643 victimes selon le ministère des Armées, un chiffre longtemps arrêté à 642.
Audience : un large succès pour TF1 #
Selon Puremédias, Oradour a rassemblé 3,40 millions de téléspectateurs en moyenne sur ses deux parties, soit 23,9 % des 4 ans et plus et 26,3 % des femmes responsables des achats de moins de 50 ans. Le détail par partie, relevé par Toutelatele, montre une baisse du volume mais une hausse de la part d’audience en seconde partie de soirée.
À lire Netflix, Disney+ et Prime Video en septembre 2026 : toutes les dates
| Programme (jeudi 24/09/2026) | Téléspectateurs | Part d’audience (4 ans et +) |
|---|---|---|
| Oradour, partie 1 (TF1) | 3,77 millions | 22,7 % |
| Oradour, partie 2 (TF1) | 3,03 millions | 25,1 % |
| Oradour, moyenne | 3,40 millions | 23,9 % |
| Meurtres à Tahiti, rediffusion (France 3) | 2,58 millions | 16,5 % |
| La chute du président (M6) | 1,26 million | 8,9 % |
| Envoyé spécial (France 2) | 1,10 million | 7,1 % |
Pour situer le score, la semaine précédente, le final du Mystère de la chambre jaune avait réuni 2,69 millions de téléspectateurs (19,2 %) sur la même case. En Belgique, le téléfilm avait été diffusé pour la première fois le 30 août 2026 sur RTL tvi.
De quoi parle le téléfilm Oradour ? #
Réalisé par Pierre Aknine sur un scénario coécrit avec Sophie Lebarbier, le téléfilm se déroule dans les jours qui précèdent le massacre. Matt Pokora y joue Philippe Gerbier, officier des Forces françaises libres parachuté près d’Oradour-sur-Glane pour une mission de la Résistance à l’approche du Débarquement. Sur place, il retrouve Marie, son amour de jeunesse, jouée par Caroline Anglade, qui fuit un mari violent avec sa fille.
Le projet vient du chanteur lui-même. En septembre 2022, il a rencontré Robert Hébras, dernier survivant du massacre, et sa petite-fille Agathe Hébras. Robert Hébras est mort le 11 février 2023, à 97 ans. Le tournage s’est déroulé en Belgique, notamment à Charleroi, de fin juin à début août 2025, dans des décors reconstitués : le film n’a pas été tourné à Oradour.
Si vous suivez les fictions de la chaîne, notre article sur La Cible, l’autre série de la rentrée sur TF1, détaille aussi sa programmation.
À lire Fort Boyard 8 août 2026 : combien a gagné l’équipe Gossuin ?
Pourquoi le téléfilm divise #
La critique porte d’abord sur l’équilibre entre fiction et histoire. Dans un article publié le 24 septembre par La DH et repris par Paris Match Belgique, un figurant présenté comme le porte-voix des figurants, et anonymisé par le journal, reproche au film de faire passer la romance avant le drame.
« Ce film est une vraie blague ! Il salit plus la mémoire des martyrs d’Oradour qu’autre chose. »
— Un figurant du téléfilm, cité par La DH le 24 septembre 2026
Il affirme aussi que « le massacre ne dure que dix minutes à l’écran ». Une partie de la presse française va dans le même sens, selon la revue de presse de BFMTV : Télérama regrette une fiction qui « se répand dans une romance plombée de clichés », et L’Humanité, qui a interrogé l’historien Fabrice Grenard, la juge hagiographique.
L’autre lecture existe aussi. Télé Loisirs estime que le scénario « parvient à en dresser les contours de façon plutôt juste et, très important, avec pédagogie ». Benoît Sadry, président de l’Association nationale des familles des martyrs d’Oradour-sur-Glane, se réjouit que le téléfilm fasse connaître Oradour à « un public plus jeune qui sera la mémoire de demain ». Matt Pokora, lui, défend son choix, cité par BFMTV : selon lui, la romance est « une porte d’entrée sur la grande Histoire ».
Ce que le téléfilm invente, et ce qu’il respecte #
Le point le plus sensible est le personnage de Matt Pokora. En juillet 2025, le département de la Haute-Vienne, le Centre de la mémoire, la commune d’Oradour-sur-Glane et l’association des familles avaient exprimé leur « vive inquiétude » dans un communiqué commun : il n’y avait pas de résistants à Oradour, et des révisionnistes utilisent justement l’argument d’une présence de la Résistance pour tenter d’expliquer le massacre.
Après avoir rencontré l’équipe en septembre 2025, l’association a nuancé sa position. Benoît Sadry a déclaré à La Dépêche que « le déroulement global du massacre avait été traité de manière réelle », tout en reconnaissant que « certaines libertés ont toutefois été prises ». L’association a obtenu qu’un message au début du film précise qu’il ne s’agit pas d’une histoire vraie.
À lire Koh-Lanta All Stars : date, heure et ce qui change vraiment pour la saison des 25 ans
En résumé : le cadre (le village, la date, l’unité SS, le déroulé général de la tuerie) suit l’histoire ; les héros, leur intrigue amoureuse et la mission de résistance sont inventés.
Le massacre d’Oradour-sur-Glane : les faits établis #
Le 10 juin 1944, un détachement de la division SS Das Reich investit Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, à une vingtaine de kilomètres de Limoges. Les hommes sont répartis dans six granges et hangars et mitraillés, les femmes et les enfants enfermés dans l’église, puis le village est pillé et incendié.
- 643 victimes selon le ministère des Armées, qui compte aussi 6 survivants.
- 642 : c’est le nombre arrêté par le tribunal civil de Rochechouart en janvier 1947, que l’on retrouve encore dans de nombreuses sources.
- L’écart d’une unité vient de Ramona Dominguez Gil, identifiée en 2019 comme 643e victime grâce aux recherches de l’historien David Ferrer Revull ; toute sa famille avait été tuée à Oradour, mais elle ne figurait pas sur la liste.
Le soir même, TF1 a prolongé la fiction avec le documentaire Oradour, un village martyr, programmé vers 23h15, qui revient sur les faits et donne la parole aux familles de victimes.
Comment revoir Oradour en replay #
Le téléfilm est proposé gratuitement, avec publicité, sur la plateforme TF1+, sur le site comme sur les applications mobiles et TV. Pour les autres moyens de regarder la télévision gratuitement, notre guide sur le streaming TV en direct fait le point.
À lire Comic-Con 2026 : le récap du panel Marvel du Hall H (Ghost Rider, Doomsday, Black Panther 3)
Questions fréquentes #
Combien de téléspectateurs ont regardé Oradour sur TF1 ?
3,40 millions en moyenne le jeudi 24 septembre 2026, soit 23,9 % de part d’audience. La première partie a réuni 3,77 millions de téléspectateurs, la seconde 3,03 millions.
Le téléfilm Oradour est-il une histoire vraie ?
Non pour ses héros : Philippe Gerbier, joué par Matt Pokora, et Marie, jouée par Caroline Anglade, sont des personnages de fiction, et un message en début de film le précise. Le massacre du 10 juin 1944, lui, est réel.
Combien de victimes a fait le massacre d’Oradour-sur-Glane ?
643 selon le ministère des Armées. Le chiffre de 642, fixé par un jugement de 1947, est encore souvent cité ; une 643e victime, Ramona Dominguez Gil, a été identifiée en 2019.
À lire Mayday : que sait-on du film avec Ryan Reynolds et Kenneth Branagh ?
À retenir
Oradour a offert à TF1 une soirée en tête avec 3,40 millions de téléspectateurs. Le téléfilm mêle une romance inventée à un drame réel : ses défenseurs y voient une porte d’entrée pédagogique, ses détracteurs une histoire d’amour qui efface le massacre. Les faits, eux, ne se discutent pas : 643 victimes le 10 juin 1944, dans un village où il n’y avait pas de résistants.